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© Photo: La Voix de la Russie
Par La Voix de la Russie | Les principales questions que la Russie a l’intention de soulever lors de la session d’automne de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe concernent l’arrêt des effusions de sang en Syrie, l’annulation du suivi discriminatoire de la Russie par le Conseil de l’Europe, ainsi que la violation des droits de l’homme par les États-Unis, qui ont accédé aux données personnelles de citoyens de nombreux pays européens.
Pour la première fois depuis que la Russie est entrée dans cette organisation, il y a 17 ans, le président de la Douma d’État Sergueï Narychkine a fait un discours devant l’Assemblée.
Le palais du Conseil de l’Europe à Strasbourg, où la session d’automne a été ouverte lundi, mérite une attention particulière. L’extérieur du bâtiment, construit en grès, en verre et en acier, rappelle une forteresse. Ses fenêtres ont une apparence d’embrasures. Les drapeaux des pays membres du Conseil européen flottent devant l’entrée. À l’intérieur siège le Conseil de l’Europe, la première Assemblée parlementaire internationale, réunissant des États européens sur la base du respect des droits de l’homme. Le projet de l’architecte Henry Bernard consistait à « faire transmettre l’idée de l’union des pays à travers la plasticité extérieure du bâtiment ». Toutefois, l’union ne se fait pas toujours remarquer et est de plus en plus souvent remplacée par une scission en démocratie de « première » et « seconde » classe.
La visite de Sergueï Narychkine à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe aurait pu avoir lieu plus tôt, mais en 2012, celle-ci a dû être annulée en raison du refus du président de la Douma de se rendre à Strasbourg. Il y a un an, l’Assemblée parlementaire a adopté une résolution sur la situation en Russie, dans laquelle aucune remarque russe n’a été prise en compte. Même si, depuis les près de 20 ans que ce suivi existe, Moscou a toujours rempli toutes ses obligations. Et propose donc aujourd'hui de passer d’un suivi des pays à un suivi thématique. Cela veut dire que le suivi aurait lieu dans plusieurs États et concernerait un problème concret.
« Nous avons l’intention de parvenir à un suivi qui aurait lieu non pas dans un pays concret, mais qui porterait plutôt sur un problème concret, comme, par exemple, « les conditions de détention des prisonniers ». Une surveillance est déjà menée à ce sujet en Russie, en Estonie, en Allemagne, en Bulgarie et en Italie. Le monitoring thématique offre la possibilité de considérer tous les pays du Conseil de l’Europe comme étant égaux en droits. Le suivi de pays, lui, est une forme de contrôle sur les États. Alors que, nous le savons bien, en période de crise, surtout ces derniers temps, de très nombreux droits, qu’ils soient politiques, civils ou sociaux, sont bafoués dans les pays démocratiques « classiques » »,explique à La Voix de la Russie Alexeï Pouchkov, le chef de la délégation russe de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.
Le 1er octobre, le président de la Douma répondra aux questions des parlementaires européens qui concernent les relations entre la Russie et l’Union européenne. Ces questions sont très variées : elles vont de la situation de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie à la crise en Syrie. Alexeï Pouchkov a noté que lors de la séance de l’Assemblée parlementaire, la décision a été prise d’organiser le 3 octobre des débats extraordinaires, consacrés à la résolution sur la Syrie.
Il n'y a pas qu'au sein de la salle de réunion du Conseil de l'Europe qu'est exigé l’arrêt des effusions de sang en Syrie. Une manifestation se tient à côté du Palais de l’Europe, où des pancartes brandies exigent la paix en Syrie. Alexeï Pouchkov estime que ces derniers temps, Strasbourg a considérablement progressé sur la question du problème syrien. Si auparavant, l’avis prévalait sur le fait qu’une révolution démocratique s’opérait en Syrie, aujourd’hui la situation a bien changé :
« Avec le gouvernement actuel, les sept communautés religieuses et ethniques vivaient en paix. Aujourd’hui, nous pouvons voir que les chrétiens, les Kurdes et les chiites sont tués. Il est évident que si l’on permet aux rebelles d’accéder au pouvoir, la paix civile, religieuse et ethnique qui existait en Syrie depuis de nombreuses années disparaîtra. Nous voulons expliquer aux députés de l’Assemblée que les processus se déroulant au Proche-Orient présentent une grande menace pour l’Europe. Les rebelles qui combattent actuellement en Syrie iront ensuite quelque part ailleurs. Il est donc extrêmement dangereux de soutenir ce genre de tendances. On comprend aujourd’hui que la Russie avait raison sur de nombreux points et il est temps de changer l’approche de l’Assemblée par rapport aux processus mondiaux complexes, qui nous touchent tous »,estime-t-il.
D’autres sujets devraient également être soulevés lors de la session. La délégation russe a l’intention d'évoquer le problème de la violation des droits de l’homme commise par les États-Unis qui ont accédé aux données personnelles de nombreux Européens. Rappelons que récemment, des données sont apparues sur la transmission par l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne les Pays-Bas, le Danemark et le Royaume-Uni à la NSA d’informations provenant d’appels téléphoniques et de l’activité Internet de leurs citoyens. Rouslan Gattarov, membre de la délégation russe de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, a déclaré qu’il s’agissait d’une grave violation des droits fondamentaux des citoyens.
« Nous avons l’intention de préparer un rapport démontrant la grave violation des droits des citoyens européens par les autorités qui ont accédé à leurs données personnelles. Nous avons l’intention de mener une enquête et d’exiger des réponses à nos questions : combien de victimes y a-t-il eu, quels volumes d’informations ont été dévoilés, sur la base de quels accords et documents tout cela a-t-il été effectué et quelles personnes officielles et fonctionnaires sont concrètement responsables de cette action. Et aussi, que faut-il faire pour prévenir à l’avenir ce genre d’incident », a-t-il déclaré.
Ce rapport peut constituer la base d’une future session de l’Assemblée. /N
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Chiron